La phytothérapie en Tunisie
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Enseignement de la phyto en Tunisie



L’enseignement de Phytothérapie Clinique en Tunisie a débuté pour la première fois en 1989 avec la Société Française de Phytothérapie et Aromathérapie et son président le Dr Durrafourd, son secrétaire général le Dr. Lapraz, en partenariat avec l’initiateur de ce projet : le Pr Chemli, professeur de pharmacognosie à la faculté de pharmacie de Monastir. Cet enseignement post universitaire se déroule sur trois ans et s’adresse aux médecins, pharmaciens et chirurgiens dentistes. Il comporte trois séminaires de trois jours par an chacun d’entre eux se rapporte à un grand système de l’organisme.
En ce qui me concerne, c’était la première fois que j’entendais parler de l’utilisation de la PM dans le cadre de toutes ses potentialités avec notamment la notion de traitement de terrain. En effet, l’allopathie était la seule médecine que nous connaissions. Le raisonnement classique auquel nous étions formé et habitué depuis nos études, est celui de la cause univoque des maladies et du traitement symptomatique qui en résulte.

Un germe – une maladie : Angine - un traitement suppresseur : antibiotique. Ce type de raisonnement et d’approche aussi satisfaisant soit-il en médecine d’urgence ou hospitalière (pathologies graves), ne me convenait guère pour mon exercice enmédecine de ville, où l’on aborde des pathologies courantes et le plus souvent bénignes.

Je me posais la question sur la variabilité des symptômes pour un même germe ou un même virus lors d’une épidémie grippale par exemple. Pour la même souche virale certaines personnes développaient la maladie, d’autres pas, certaines sous une forme des plus bénignes d’autres sous la forme la plus grave.Et puis pourquoi malgré un traitement antibiotique prescrit dans les règles de l’art et suivi de la façon le plus stricte par mon patient, celui-ci récidivait ? La réactivité du malade, son « terrain » était simplement oublié.

L’utilisation de la PM, comme on nous l’a enseigné, dans le cadre d’un raisonnement physiologique ouvrait alors des perspectives qui répondaient à mes questions. Un germe – une maladie : angine - un traitement suppresseur : antibiotique. cadre d’un raisonnement physiologique ouvrait alors des perspectives qui répondaient à mes questions.
Dans cet enseignement, on nous a appris à prendre en compte non seulement le symptôme mais aussi les différents déséquilibres internes et spécifiques au patient qui ne lui ont pas permis de conserver son état d’équilibre face à l’agresseur, et qui l’ont fait basculer vers la pathologie.
J’avais alors les réponses à mes questions concernant la variabilité de la symptomatologie infectieuse selon les patients pourun même virus. Autrement dit, la pathogénicité du germe est liée à sa propre virulence et à sa quantité, mais surtout à l’ « écologie » locale qu’il va trouver et qui va permettre ou non son développement.

Cette nouvelle façon d’aborder la médecine m’a surpris, L’assimilation de ce nouveau type de raisonnement n’a pas été facile, mais sa pratique quotidienne s’est révélée fascinante. Fascinante parce que j’ai compris qu’on ne traite plus une maladie mais le malade dans sa globalité, et que la prise en compte du malade était indispensable à sa guérison. Un autre point important que j’ai compris est que la complexité de la PM qui a conduit à son abandon, devenait alors une richesse dans le cadre de cette réflexion Non seulement l’utilisation traditionnelle de la PM était resituée dans un cadre scientifique, pharmacologique et clinique, mais aussi répondait parfaitement à cette analyse intégrative de la physiologie avec ses notions d’interrelations de systèmes, de globalités, et de traitement non plus uniquement substitutif mais régulateurs Dans ma pratique quotidienne, les résultats ne se sont pas fait attendre et cela a été ma deuxième surprise. J’ai acquis la certitude que par de simples plantes je peux soigner des patients souffrant de maladies récidivantes que l’allopathie n’arrive pasà guérir malgré ses puissants remèdes.

Ces malades ont généralement essayé plusieurs approches et vu bon nombres de thérapeutiques avant de recourir à cette approche de phytothérapie clinique de terrain.
Ce sont ces insatisfaits de l’allopathie comme par exemple les asthmatiques qui ont reçu trop de bronchodilatateurs, d’antibiotiques, et de corticoïdes, ou les migraineux gavés d’antimigraineux et d’antalgiques qui viennent me voir, désespérés par les rechutes ou la chronicité de leurs maux.
Dans ces 2 pathologies, et comme pour les autres d’ailleurs, le non prise en compte des dysrégulations des systèmes gestionnaires de l’équilibre de l’organisme dans sa capacité adaptative ne peut qu’aboutir à la récidive ou à lachronicité. Sans entrer dans une analyse détaillée on peut direque ces deux maladies se rapprochent sur le plan de terrain. D’une façon imagée on peut considérer que la migraine est l’asthme du cerveau. Ces 2 pathologies surviennent sur un terrain avec un état spasmodique important et une réactivité de type allergique analogues, l’une en périphérie, l’autre en central. Sur le plan neurovégétatif, on remarque une augmentation relative des fonctionsparasympathiques et alpha-sympathiques avec une fonction beta-sympathique faible ou retardée..

Cependant, dans le cas de la migraine lasérotonine est le médiateur chimique le plus sollicité alors que dans l’asthme c’est l’histamine. La variabilité des rapports respectifs et la relativité des différents éléments du système neurovégétatif expliquent parfaitement les différentes formes cliniques de ces affections. Au niveau hormonal et sans rentrer dans le détail, on considère que les deux maladies font suite à une importante demande métabolique qui se trouve mal régulée dans sa gestionendocrine.

Cette demande concerne l’oxygène pour l’asthmatique et le glucose pour le migraineux. Le véritable traitement étiologique de ces deux maladies courantes se fera par la régulation et la rééquilibration, spécifique à chaque patient, des différents éléments des systèmes neuroendocriniens. Ce n’est qu’un exemple pour vous montrer la subtilité et la fascination que peut apporter cette façon d’aborder la médecine et de la comprendre. Un tel traitement conduit non seulement à l’amélioration progressive des symptômes mais aussi à celui de l’état général, et des autres symptômes concernant d’autres sphères.

Le rétablissement de l’équilibre physiologique, neurovégétatif et endocrinien antérieur à la maladie est seul qui puisse faire sortir le patientde son déséquilibre physiopathologique, et cela sans les possibles effets iatrogènes induits par le produit thérapeutique. En effet, toutes les plantes médicinales utilisées en Phytothérapie Clinique Intégratives sont dénuées, aux doses physiologiques utilisées, de toute toxicité.
Ces plantes présentent des actions indéniables et perceptibles aussi bien sur les organes de drainage (émonctoires), le système neurovégétatif et le système endocrinien.
C’est ainsi qu’en Phytothérapie Clinique, et au delà de leurs strictes propriétés pharmacologiques :

  • La sauge (salvia officinalis)présente une action oestrogénique et antigonadotrope très utile dans les manifestations de la ménopause.
  • L’alchémille (alchemillia vulgaris) qui a une action lutéotrope et anti LH utile dans les troubles des règles.
  • Le cassis (ribes nigrum)une action corticotrope très utile dans l’allergie.
  • L’avoine (avena sativa)une action thyréotrope utile dans les insuffisances thyroïdiennes.
  • La lycope (lycopus europaeus) une action modératrice de la TSH, utile dans les hyperthyroïdismes.
  • La pimprenelle (potérium sanguisorba)une action somatotrope utile dans le diabète et l’hyperinsulinisme.
  • Le thym (thymus vulgaris)une action vagolytique.
  • La lavande (lavandula officinalis)une action alpha-sympatholytique.
  • L’hysope (hysosopus officinalis)une action beta-sympatholytique.